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7 idées reçues sur les classes à distance

Sabrina DEMAGNY Sabrina DEMAGNY
15 décembre 2020 16 min de lecture

Parce que de nombreuses idées reçues circulent sur les classes virtuelles, découvrez 7 vérités, qui vont vous faire changer d’avis.

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Idée reçue 1 : On ne peut pas échanger avec le formateur

C’est Faux !

C’est peut-être vrai dans le cadre d’un webinaire, où de l’information est diffusée, à un grand nombre de participants, sans véritable possibilité d'échanger, mais ici, nous parlons de classe à distance, ou classe virtuelle.

La classe à distance est un dispositif de formation qualifié de synchrone, cela signifie que formateur et apprenants sont présents en même temps dans un espace de travail virtuel. La classe virtuelle appartient au dispositif de formation synchrone à distance, encore appelée dispositif présentiel à distance. Le mot présentiel est, parfois, difficile à comprendre, mais comme précisé précédemment, les participants sont tous présents, au même moment, dans un espace virtuel. On parle également de regroupements.

La classe virtuelle a pour but, de créer un environnement d’enseignement et d’apprentissage, dans lequel les participants peuvent interagir, communiquer, suivre des présentations, et échanger, utiliser des ressources pédagogiques, et travailler en groupe.
Les échanges sont réalisables avec le formateur, mais également avec le reste du groupe. Ces échanges sont possibles, à condition que la taille du groupe d'apprenants soit réduit (5 personnes) pour favoriser les prises de parole.

Pour favoriser les échanges, le formateur utilise la fonctionnalité de partage d'écran des applications de classe virtuelle. Cela signifie que les apprenants voient l'écran du formateur, et réciproquement.

Grâce au partage d’écran, le formateur présente ses documents à son groupe d'apprenants, mais il ne fait pas seulement que les présenter. Les stagiaires peuvent interagir sur son écran, et par extension, sur les documents présentés. Ils peuvent écrire en utilisant les outils de dessin disponibles, saisir des données. On obtient une sorte de tableau blanc virtuel sur lequel il est possible de collaborer.
Cette fonctionnalité permet de travailler à plusieurs simultanément sur le même document. Les apprenants peuvent collaborer, travailler en équipe, réfléchir ensemble sur une thématique, réaliser des brainstormings, etc ... Grâce au partage d'écran, il est possible de maximiser les échanges, et de créer une formation interactive.

Comme précisé précédemment, pour atteindre cet objectif, il ne faut pas être trop nombreux, sinon vous perdez les bénéfices de ce système de collaboration. Il faut également disposer d'une bonne maîtrise des dispositifs de formation à distance.

Pour en savoir plus sur les webinaires et les classes virtuelles, je vous invite à consulter notre article : Classe virtuelle, visioconférence et webinaire : comment s'y retrouver ?


Idée reçue 2 : La classe à distance seule suffit pour apprendre

C’est Faux !

Même s'il est vrai que la classe virtuelle est destinée à l'apprentissage, elle ne suffit pas pour réellement progresser. Ce postulat est également vrai pour des formations en centre de formation physique, c'est-à-dire en salle de formation (ou salle de classe traditionnelle).

Pour être vraiment efficace, la classe virtuelle doit être complétée par des activités pédagogiques, et par la mise à disposition des ressources pédagogiques.

Dans le cadre de mes formations, je demande à mes apprenants, à la fin de chaque session, de revoir les points travaillés au cours de la séance de travail. Ensuite, je leur communique des activités complémentaires telles que :

  • La réalisation d'activités pédagogiques de type exercices, pour renforcer les apprentissages de la séance du jour,
  • La consultation de ressources pédagogiques de types vidéos, fiches pratiques disponibles sur notre plateforme e-learning. Ces ressources servent à renforcer les savoirs en cours, ou à préparer la session suivante.

J'utilise ce que l'on appelle un apprentissage mixte, ou hybride. On parle également de formation mixte, ou de formation hybride. Cela signifie que je couple les apprentissages en classes à distance avec des apprentissages en ligne, sur une plateforme LMS (Learning Management System, ou plateforme de formation), ou autres solutions pédagogiques.

Pour poursuivre sur l'apprentissage en classe à distance, j'ajouterai que, si vous souhaitez progresser, vous devez réellement vous investir dans votre formation.

Que la formation soit dispensée en centre, ou à distance, le formateur est là pour favoriser, et faciliter l'apprentissage. Pour bénéficier pleinement des formations, vous devez être acteur de votre formation.
Si vous restez passif, c'est-à-dire, spectateur de votre formation, si vous ne fournissez aucun effort, en effectuant les activités complémentaires à la session de travail, en relisant, ou retravaillant les concepts vus lors des sessions précédentes, vous ne progresserez pas.

Mon retour d'expérience
Je constate à chaque fois, des écarts majeurs, entre ceux qui s'investissent réellement dans leur formation, et ceux qui ne le font pas par manque de temps, ou d'envie (mais ça, c'est un autre sujet : on entre dans le cadre de la motivation). Très fréquemment, des profils qualifiés, comme Grand débutant, dépassent les profils disposant des notions de base. Ces derniers restent souvent sur leurs acquis, et dans leur zone de confort, jusqu'au moment, ils se rendent compte qu'ils ont été dépassés par les Grands débutants. À ce moment-là, une dynamique de groupe apparaît. Les stagiaires, censés être les plus en retrait, entraînent les autres dans leur apprentissage.

Bien sûr, ce constat ne peut se faire que sur des groupes inscrits dans un dispositif de moyenne, à longue durée. Sur des dispositifs de courte durée (1 ou 2 jours), c'est plus difficile à évaluer.
Ce constat est également valable, pour les formations en centre de formation. Que vous soyez inscrit dans un dispositif de formation en présentiel, ou dans un dispositif à distance, si vous souhaitez progresser et progresser vite : il n'y a pas de secret, vous devez vous investir.

Idée reçue 3 : Les technologies employées sont trop complexes

C’est faux, mais ça peut être vrai !

Je m’explique. Si vous disposez des compétences de base dans l’utilisation de l’outil informatique, et d’internet, vous n’aurez aucun problème pour suivre une classe à distance. 

Par contre, si vous ne disposez pas de ces prérequis, et si vous ne maîtrisez pas le vocabulaire informatique (poste de travail, micro, webcam, navigateur, etc ...), il est vrai que l’application de classe virtuelle vous paraîtra très complexe.

Comment faire dans ce cas ?
Quel que soit votre niveau, nous vous proposons toujours, avant la première session de classe à distance, de tester le dispositif et les connexions.
Nous organisons un rendez-vous de 15 min (ou plus en fonction des besoins) au cours duquel, nous vous accompagnons pas à pas :

  • Nous vous aidons à vous connecter
  • Nous vous expliquons la manière dont va se dérouler la séance de formation
  • Nous vous expliquons comment utiliser les différentes fonctionnalités de la classe virtuelle.

Ainsi, vous serez opérationnel et autonome lors de la première session. Vous pourrez vous détacher de l'outil informatique, et vous concentrer uniquement sur votre enseignement à distance.

Idée reçue 4 : On ne peut pas faire de travaux pratiques

C’est Faux !

Une idée reçue est, qu'à distance, il est impossible de réaliser des travaux pratiques, par exemple des manipulations dans un logiciel. La formation dispensée ne peut être que magistrale : un formateur qui dispense un Savoir, et des apprenants qui le reçoivent sans interagir.

C'est totalement faux. Il est possible d'animer des formations sur des logiciels. Il ne s'agit pas, dans ce cas, d'une démonstration de l'outil, démonstration au cours de laquelle le formateur montre des manipulations, pendant plusieurs heures, et les apprenants regardent sans rien faire, comme s'ils regardaient une vidéo. Non, je parle d'une réelle formation, permettant à l'apprenant de manipuler en même temps que le formateur.

La classe à distance permet ce genre de pratique. Bien sûr, cela nécessite d'avoir défini au préalable des scénarios pédagogiques, et d'avoir une réelle expertise en pédagogie.

Tout comme dans une classe normale (à l'école), la classe virtuelle doit favoriser les échanges et le travail collaboratif. Il est essentiel de placer l'apprenant au cœur de son apprentissage, et de lui donner envie d'apprendre.

Idée reçue 5 : Il y a beaucoup de participants dans une classe à distance

C’est Faux !

C’est peut-être encore une fois vrai dans le cadre d’un webinaire, où de l’information est diffusée à un grand nombre de participants, mais ce n'est pas le cas dans une classe à distance.
Si vous vous trouvez dans ce contexte, c'est que la thématique le permet, ou soyons franc, vous n'avez pas choisi la bonne formation, et le bon organisme de formation.

Les classes à distance sont destinées à l’apprentissage, c’est-à-dire, à la diffusion de contenus à visée formative, et non à visée informative. La différence est de taille.

Quelle est la différence entre du contenu formatif et informatif ?
Le contenu formatif a pour but, de permettre l'acquisition, ou le développement de compétences professionnelles. Il est principalement utilisé dans le cadre des formations, et dans notre contexte, dans les classes à distance.

Le contenu informatif a pour but, de diffuser des informations à un grand nombre de personnes. Il est principalement utilisé dans le cadre des webinaires, ou visioconférences (en fonction de son mode d'utilisation).

Si vous souhaitez en savoir plus sur la différence entre les classes à distance, les visioconférences, et les webinaires, je vous invite à consulter notre article portant sur cette thématique : Classe à distance, visioconférence et webinaire : comment s'y retrouver ?

Si la classe à distance comporte trop de participants, les interactions, c’est-à-dire, les échanges au sein du groupe, et avec le formateur, seront compromis. Le travail collaboratif avec les outils dédiés (partage d’écran, outils de dessin) sera impossible.

Pour bénéficier de manière optimale d’une classe à distance, il faut impérativement que le groupe soit de petite taille. Pour ma part, je n’excède jamais 5 apprenants par session de classe à distance.
Ce n’est pas une restriction technique, vous pouvez mettre jusqu’à 500 participants dans une session, mais c'est une préconisation pédagogique. Plus vous êtes nombreux, plus la qualité pédagogique est dégradée, et plus l'interactivité sera réduite.
Le formateur ne sera pas en mesure de répondre aux attentes des apprenants, et à leurs questions. L'expérience d'apprentissage sera dégradée, voire mauvaise.

Idée reçue 6 : Les classes à distance sont moins chères

C'est faux !

Les classes à distance, et par extension, la formation à distance, doivent dans l'esprit de beaucoup de personne, coûter moins cher.

Effectivement, d'un point de vue financier, lorsqu'on a recours à la formation à distance, il n'y a ni frais de déplacement ni frais de restauration pour le stagiaire. Toutefois, ces frais ne sont pas des frais pédagogiques, il s'agit de frais annexes, non-pris en charge dans le prix de vente d'une formation : que cette dernière ait lieu en centre de formation, ou à distance. Donc, il est impossible de les déduire du prix de vente, comme beaucoup de personnes le pensent, puisqu'ils n'ont jamais été comptabilisés.

Lorsqu'un centre de formation propose une formation à distance en utilisant les classes virtuelles, les frais ne sont pourtant pas réduits. En effet, les frais pédagogiques prennent en compte principalement :

  • les coûts des formateurs,
  • les coûts de l'infrastructure d'accueil et de formation,
  • et les coûts des ressources pédagogiques mises à disposition des apprenants.

Ce n'est pas, parce que la formation a lieu à distance, qu'il n'y a pas de formateur. Il ne faut pas confondre formation en ligne exclusivement sur plateforme e-learning et formation en classe à distance.

La classe virtuelle répond aux mêmes caractéristiques qu'une formation en centre. Il faut :

  • un formateur, sachant concevoir et animer,
  • une infrastructure d'accueil (l'application de classe à distance),
  • des supports, et des ressources pédagogiques (plateforme d'apprentissage en ligne, travaux dirigés),
  • un suivi pédagogique,
  • du personnel pédagogique,
  • du personnel administratif, etc ...

Finalement, si on additionne l'ensemble des frais pédagogiques, la formation à distance coûte parfois, pour l'organisme de formation, qui veut respecter les standards de qualité, en termes de pédagogie, plus chère qu'une formation en salle.

Pour proposer une offre compétitive à la vente, il est possible d'augmenter le nombre de participants par classe à distance, mais dans ce cas, ce ne sont plus des classes virtuelles, mais des webinaires. Il n'y a plus d'interactivité, ni d'échanges. La qualité de la formation sera fortement dégradée.

Beaucoup d'organismes de formation ont recours à cette pratique. C'est à cause de cela, que la formation à distance a mauvaise réputation. Chez asbéo, nous refusons de dégrader notre qualité pédagogique. Nous nous fixons, comme règle, de ne jamais dépasser 5 participants par classe virtuelle. Si le nombre de participants excède ce seuil, nous ne considérons plus qu'il s'agit de classe virtuelle, mais de webinaire, et nous communiquons en ce sens. 

Maintenant, si pendant vos phases de recherche de formation, vous constatez un écart de prix majeur entre deux formations, dont le contenu vous semble similaire, posez-vous la question : Pourquoi cet écart ? Qu'est-ce qui le justifie ? Vous constaterez, que la réponse sera liée au nombre de participants, et par extension à la modalité pédagogique.

Pour rappel, plus vous êtes nombreux, plus l'interactivité diminue et moins l'environnement de travail sera propice à l'apprentissage.

Idée reçue 7 : Les classes à distance sont de moindre qualité

C'est vrai, et faux en même temps !

Ce postulat découle de l'idée reçue, développée précédemment.

Pour être compétitifs, beaucoup d'organismes de formation dégradent la qualité de la formation. Ils organisent des classes à distance à 20 personnes, ou plus.
Après avoir lu cet article, vous comprenez qu'avec autant de participants, il n'y aura pas d'échanges possibles avec le formateur, ou entre apprenants. Il n'y aura pas cette interactivité nécessaire à la construction des Savoirs. Avec autant de personnes, il ne s'agit pas de classes virtuelles, mais d'un moyen de communication.

Parfois, le dysfonctionnement provient des contenus de formation dispensés, et de leurs modalités d'application :

  • Les modalités pédagogiques ne sont pas respectées.
  • La formation ne suit aucun scénario pédagogique, elle est mal, ou non préparée.
  • Les ressources pédagogiques, et les supports de formation sont de moindre qualité, ou il n'y en a pas.
  • L'accompagnement des apprenants, et le suivi pédagogique ne sont pas adaptés aux besoins de la formation, ou ils sont réalisés par des personnes non qualifiées.

Finalement, si on additionne tous ces dysfonctionnements, je comprends pourquoi cette idée reçue existe. Le non-respect des standards de qualité pédagogiques, l'improvisation dans un métier, qui nécessite de réelles compétences, conduisent à ce type de postulat.

Un conseil, avant de sélectionner une formation, pensez à obtenir des informations sur la qualité pédagogique apportée à la formation. Le prix ne doit pas être votre seul critère de sélection.
Ce conseil est également valable pour les formations en centre. Les mêmes dysfonctionnements existent.

Cet article est à présent terminé. J’espère avoir apporté un certain éclairage sur cette thématique de la formation. N’hésitez pas à poursuivre votre lecture en consultant nos autres articles portant sur la formation professionnelle ou nos autres thématiques.

Sabrina DEMAGNY

Sabrina DEMAGNY

Responsable pédagogique asbéo

Ingénieure en Sciences Humaines et en Pédagogie et passionnée par les métiers de la formation, Sabrina est responsable de la pédagogie et de l'accompagnement des clients d'asbéo.

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